Gary Lee Kenny

Cyberportfolios de la Péninsule acadienne

Je partage

21 mai 2007

Conférence - Perfectionnement cercle 6

Et voilà, c’est fait! J’ai présenté ma première conférence! Vendredi denier, j’ai eu la chance de discuter avec les enseignants du cercle 6, de la place des TIC dans le monde de l’éducation. J’ai aussi présenté quelques outils pour permettre une communication avec les parents et élèves, via le Web. Le but de mon allocution était de faire réfléchir les enseignants sur la place que prennent les nouvelles technologies dans la vie des élèves. La première partie de la conférence était intitulée : L’intégration des TIC, est-ce vraiment nécessaire? Je dois remercier Mario Asselin pour m’avoir permis d’utiliser le matériel qu’il a produit et présenté lors de sa conférence d’ouverture de l’AQUOPS 2007. Mon discours n’étais pas tout à fait le même que le sien, mais je me suis inspiré grandement de ses images pour créer ma présentation. Je dois aussi remercier Jacinthe Robichaud, qui m’a permis d’utiliser sa présentation « Saviez-vous que », traduction de la présentation Shift happen.

La deuxième partie de ma présentation s’intitulait : Une porte de classe ouverte, un site Web sur cette ouverture. Lors de cette partie, j’ai présenté des outils permettant une communication et une collaboration avec les parents et les élèves. Voici donc le diaporama que j’ai utilisé et le discours que j’ai tenu lors de la première partie.

Les nouvelles technologies

Qu’on le veuille ou non, les nouvelles technologies font partie de nos vies et de celles de nos élèves. Les ordinateurs, les téléphones cellulaires, les lecteurs mp3, pour ne nommer que ceux là, sont des outils que l’on voit partout. Maison, école, entreprise, et j’en passe. Est-ce que le monde de l’éducation est prêt à tous ces changements? Une grande majorité d’enseignants ne sont pas prêt à faire face à ces changements, mais pourtant, si nous voulons grader l’attention et la motivation de nos élèves, il est important d’adapter nos stratégies pour intégrer ces nouvelles technologies, qui ne sont plus inconnues pour les élèves. Le monde de l’éducation doit prendre ce virage. Au Nouveau-Brunswick, plus de 7000 enseignants ont reçu un ordinateur portatif. Mais le fait de recevoir un ordinateur ne suffit pas à ce que l’utilisation et surtout l’intégration se fassent. Le parallèle en le Web 2.0 et l’Éducation 2.0 prend toute sa signification : Nous sommes dû pour un changement de paradigme!

Les natifs du numérique

Les élèves que nous enseignons sont des natifs du numérique. L’Internet, comme nous le connaissons aujourd’hui, est apparu au début des années quatre-vingt-dix. Cela correspond à l’année de naissance des élèves que nous côtoyons tous les jours. Par exemple, les élèves de la neuvième année sont nés en 1992. Ces élèves n’ont jamais connu une vie sans Internet! Ils sont très actifs sur le Web. Courrier électronique, recherche sur le Web, clavardage (« chat »), blogue (production de contenu), publication de vidéos (« You Tube »), jeux en ligne et téléchargement de musique et vidéo sont les activités auxquelles s’adonnent les natifs du numérique. Ces élèves apprennent grandement avec les nouvelles technologies mais pas nécessairement dans un contexte scolaire!


Les immigrants du numérique

La première fois que j’ai entendu l’analogie des natifs et des immigrants du numérique, j’ai été séduit car il reflète bien notre société. C’est M. Mario Asselin qui m’a fait découvrir ce concept. Et depuis, je l’ai adopté. Les immigrants du numérique, ce sont nous les adultes, les enseignants. Nous ne sommes pas nés dans les années quatre-vingt-dix et nous avons connu la vie sans le téléphone cellulaire, sans l’ordinateur, sans Internet. Donc, comme tout immigrant, lorsque nous parlons avec des natifs, nous avons un accent. Pour certain, cet accent est plus prononcé. Les immigrants utilisent surtout les nouvelles technologie dans ces contextes : Courrier électronique, recherche sur Internet, traitement de texte, logiciel de présentation, caméra numérique (dans une moindre mesure), ils sont portés à enseigner un logiciel et ils ont des réserves sur les bienfaits de l’interactif. Les immigrants du numérique apprennent peu par les TIC et n’envisagent pas nécessairement de faire apprendre par ces moyens.


Production de contenus, censure et éducation

Les natifs du numérique sont des producteurs de contenus. Que ce soit par les blogues, les wikis, les sites d’entreposage de vidéos ou par des sites de réseaux sociaux, les élèves produisent du contenu sur le Web. Contrairement aux immigrants, ils n’ont pas peur de la critique et du jugement des autres sur ce qu’ils peuvent publier. Évidemment, ce contenu n’est pas toujours de bon goût, et rarement de nature pédagogique!

Pour ce qui est des immigrants, la production de contenu reste une tâche ardue. Surtout pour les enseignants, qui ont une grande peur du jugement et de la critique que pourrait subir leur publication sur le Web.

Le monde de l’éducation est porté à censurer. Le plus bel exemple est sans doute le site des têtes à claques. Beaucoup de pression a été exercée pour censurer ce site dans les écoles du Québec et du Nouveau-Brunswick. Résultat? Un immense spot de publicité gratuite pour le site. Beaucoup d’adultes et d’élèves ont connu ce site en grande partie, grâce à l’attention médiatique de la censure du site. Et malgré cette censure du ministère, des élèves trouve encore le moyen de voir les têtes à claques à l’école… Et oui! Pour ma part, je ne suis pas pour la censure. Je suis pour l’éducation. Évidemment, plusieurs sites ne sont pas éducatifs et n’ont pas leur place à l’école. Mais trop d’élèves consultent ces sites à la maison sans que les parents ne le sachent. Trop de parents ne prennent pas le temps de regarder ce que leurs enfants font sur le Web. L’éducation est donc une responsabilité de société : Parent et enseignants! Peu importe que l’on censure un site comme You Tube, des milliers de sites semblables existent. Les élèves se retourneront vers d’autres sites de ce genre. Est-ce que le ministère pourra tous les censurer? Impossible! Pourquoi donc perdre de l’énergie sur la censure et pourquoi ne pas viser l’éducation, qui sera profitable pour tous!


Des chiffres qui parlent

Une étude menée aux États-Unis auprès des élèves de la 12e année à de quoi nous faire réfléchir sur nos pratiques pédagogiques. Dans un sondage fait auprès de ces élèves, 28% trouvaient les travaux scolaires significatifs, 21% trouvaient que les cours offerts sont intéressants et 39% affirment que l’école aura un impact sur leur vie futur… Imaginons donc ce que pensent les élèves ayant décochés! En guise de protestation, des élèves portent des T-Shirts portant la phrase suivante : I’m not ADD, I’m just not listening. En français on peut traduire par : Je n’ai pas de déficit d’attention, je n’écoute tout simplement pas! D’autres portent des casquettes ayant comme inscription : Pourquoi est-ce que les cookies de mon ordinateur en savent plus sur ce que j’aime lire que mes profs? Pour les immigrants du numérique, un cookies est un petit fichier texte qui est stocké par le navigateur (exploreur) et qui se souvient de nos préférences lors de notre prochaine visite au même site Web. Il est grand temps de revoir nos stratégies pédagogiques si nous voulons être significatifs et intéressants pour nos natifs du numérique. Et plus ça va, plus la technologie sera présente. Il faut donc se préparer en conséquence, si on veut garder l’intérêt des élèves pour l’école.


Et nos dirigeants dans tout cela?

Les instances supérieures, c’est-à-dire, les gens qui prennent les décisions, ont une grande part de responsabilités dans ce processus. Peu importe les bonnes intentions et le désir de changement des enseignants, sans les ressources matérielles et humaines, ce changement n’aura pas lieue. Les directions d’écoles doivent aussi se donner une vision sur la place des nouvelles technologies dans leur école. Ils doivent se doter d’un plan d’action, qui pourra être travaillé avec une personne ressource, comme un mentor, pour donner une nouvelle direction à l’école. Il faut avoir en tête que l’enseignant est avant tout un apprenant et que les changements ne seront pas visibles du jour au lendemain.

Les enseignants doivent avoir accès à un support pédagogique. Il faut guider les enseignants à enseigner le programme d’étude et non enseigner l’ordinateur ou le livre de référence. Il faut que les enseignants puissent préparer leurs activités d’apprentissages en fonction du programme d’étude et par la suite choisir l’outil le plus approprié pour réaliser cette activité. L’utilisation des TIC, ce n’est pas oui ou non mais plutôt quand! Il faut trouver les bons moments et les bons outils pour qu’une intégration soit réussie.


Interactions et collaboration

Le monde de l’éducation semble être un monde fermé. Autant que les natifs du numérique utilisent les réseaux sociaux et collaborent (parfois sans en voir le danger), les enseignants semblent avoir peur des bienfaits de la collaboration. Au Nouveau-Brunswick, le portail de collaboration est un outil merveilleux qui n’est qu’utilisé par une infime partie de la population enseignante. Cette collaboration doit débuter au sein de l’école pour ensuite s’élargir à l’ensemble du District scolaire. Il est inutile de viser une collaboration provinciale si elle est inexistante à l’intérieur de l’école. Je donnais l’exemple suivant : Si chaque enseignant partageait une activité sur l’espace de collaboration du District scolaire, une banque d’environs 400 documents serait disponible. Imaginons maintenant que tous les enseignants ajoutaient cinq activités! Le partage et la collaboration doivent être des stratégies visées par le District scolaire. Le portail et les cybercarnets sont d’excellents outils pour faire ce travail et ils sont disponibles pour l’ensemble des enseignants du District scolaire 9! De plus, avec les demies journée des CAP (communauté d’apprentissage pédagogique) qui seront mises en place lors de la prochaine année scolaire, la collaboration devrait être encouragée pour se créer une communauté élargie!

L’éducation change t-elle vraiment?

Comme mot de la fin, il était important de faire réfléchir les enseignants sur les changements en éducation. Malgré le fait que l’on entend parler de l’école renouvelée depuis maintenant plus de 10 ans, et de la fameuse réforme (au Québec), est-ce que le monde de l’éducation a vraiment changé? Personnellement, je crois que non. Les enseignants qui savent intéresser les élèves ont su au fil des ans, s’adapter aux besoins et aux intérêts des leurs élèves. J’ai donc terminé avec la belle image du bureau, du livre, de la pomme et du tableau vert. Il semble que cette image reflète la vision des gens pour le monde de l’éducation. Pourquoi ne pas changer quelques petites choses à cette image. Remplaçons le livre par un ordinateur portatif (tous les enseignants en ont un) et le tableau vert par un tableau interactif. Cela refléterait le changement, même si, au fond, peu de choses ont changées

Le but de cette présentation n’était pas de convaincre les enseignants à utiliser les TIC, mais plutôt des les amener à réfléchir. Les nouvelles technologies prennent de plus en plus de place au cœur de notre société. Les élèves utilisent cette technologie. L’école devra tôt ou tard s’adapter à ce changement.

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